Après l’arrestation du jeune Fodé Kourouma par l’OPROGEM, à la suite de la publication de plusieurs images à caractère inapproprié impliquant une fillette, la question de la protection des mineurs sur les réseaux sociaux revient au premier plan. Mamadou Kaly Diallo, activiste des droits de l’Homme et coordonnateur de l’ONG Démocratie sans Violence, appelle à une réponse qui dépasse la seule répression judiciaire.
L’utilisation des réseaux sociaux par les mineurs suscite de plus en plus d’inquiétudes en Guinée. À l’heure où les plateformes numériques occupent une place importante dans le quotidien des jeunes, les risques liés à leur utilisation sans encadrement soulèvent des questions fondamentales sur l’éducation, la sécurité et la protection de l’enfance.
L’interpellation du petit Fodé Kourouma par l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM), dans le cadre d’une affaire liée à la diffusion de plusieurs images jugées inappropriées impliquant une fillette, relance ainsi le débat sur la responsabilité des utilisateurs, le rôle des parents et les limites à fixer dans l’espace numérique.
Réagissant à cette situation, Mamadou Kaly Diallo, activiste des droits de l’Homme, estime que le phénomène constitue une véritable préoccupation sociale. Selon lui, les réseaux sociaux influencent désormais profondément la vie des enfants et peuvent affecter leur éducation, leur épanouissement ainsi que leur sécurité.
« C’est une question préoccupante. Les réseaux sociaux sont aujourd’hui devenus un élément du quotidien qui impacte la vie de nos enfants », souligne-t-il, rappelant la nécessité de protéger les droits fondamentaux des mineurs face aux dangers du numérique.
Tout en reconnaissant le rôle joué par l’OPROGEM dans cette affaire, l’activiste considère que l’intervention des services compétents ne saurait, à elle seule, résoudre le problème. « Certes, l’OPROGEM a fait son travail en arrêtant ce jeune, mais je pense qu’il faut aller au-delà », insiste-t-il.
Sensibilisation, éducation et législation : les pistes avancées
Pour Mamadou Kaly Diallo, la réponse à cette problématique doit reposer sur une approche globale associant prévention, éducation et application de la loi. Il estime qu’il est indispensable de renforcer l’information des enfants, la sensibilisation des familles et l’enseignement des bonnes pratiques numériques.
« La question n’est pas aussi simple. Il faut aller à l’information, à l’éducation, à l’enseignement et à la sensibilisation. Il faut renforcer la législation et aller vers la répression juridique », préconise-t-il.
L’activiste pose ainsi une interrogation essentielle : comment concilier la liberté d’utiliser les outils numériques avec le respect des mœurs, le droit à l’éducation et la sécurité des enfants ? Une question qui interpelle aussi bien les pouvoirs publics que les parents, les éducateurs et les acteurs de la société civile.
Au-delà des responsabilités individuelles et judiciaires, le coordonnateur de l’ONG Démocratie sans Violence attire l’attention sur le rôle des parents dans l’encadrement des enfants. Il évoque une forme de démission parentale face à l’exposition croissante des mineurs aux contenus accessibles sur Internet.
Pour lui, la protection de l’enfance dans l’environnement numérique exige une réflexion approfondie, intégrant les dimensions juridique, sécuritaire et éducative. Il appelle également à explorer de nouvelles perspectives pour mieux prévenir les dérives et responsabiliser les différents acteurs.
Évoquant le débat sur la restriction de l’accès des mineurs aux réseaux sociaux dans certains pays, notamment en France, Mamadou Kaly Diallo souligne l’importance d’examiner les conséquences de l’exposition numérique sur le comportement et l’épanouissement des jeunes. Ces liens doivent toutefois être étudiés avec prudence, sans établir de causalité sans éléments probants.
Au fond, cette affaire remet sur la table un défi majeur pour la société guinéenne : comment garantir aux enfants un accès responsable aux outils numériques tout en les protégeant contre les abus et les contenus préjudiciables ?
Entre responsabilité parentale, prévention, encadrement juridique et intervention des autorités, la protection des mineurs sur les réseaux sociaux apparaît désormais comme un enjeu collectif qui nécessite des réponses durables.
OLLADI IBRAHIMA
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