La politique ne consiste pas seulement à connaître les difficultés de sa population, mais aussi à savoir les porter au-delà de son territoire. C’est en substance le message livré par Fodé Baldé, homme politique et ancien candidat aux législatives à Koubia, dans une sortie consacrée à la représentation parlementaire de sa préfecture.
Dans son analyse, Fodé Baldé prend en exemple la démarche du député uninominal de Tougué, dont il dit observer avec intérêt la méthode. Selon lui, le parlementaire aurait compris l’importance de créer des passerelles avec d’autres députés afin de mieux défendre les préoccupations de sa population.
« En invitant ses collègues de Gbessia et de Forécariah, il ne cherche pas simplement à parler de Tougué. Il cherche à faire connaître les réalités de sa population à d’autres députés, à créer une solidarité parlementaire et, surtout, à faire en sorte que les préoccupations de Tougué ne reposent pas sur ses seules épaules », explique Fodé Baldé.
Pour l’ancien candidat aux législatives à Koubia, cette démarche constitue une véritable méthode de représentation dont d’autres élus pourraient s’inspirer.
« Nous racontons nos souffrances à ceux qui les connaissent déjà »
Fodé Baldé établit ensuite un parallèle avec la situation de Koubia. Il estime que les rencontres et discussions consacrées aux difficultés de la préfecture restent parfois confinées au cercle des personnes qui connaissent déjà les problèmes.
« Chez nous, à Koubia, on se réunit souvent pour raconter encore et encore nos souffrances, nos difficultés, nos besoins… à ceux qui les connaissent déjà », regrette-t-il.
Selon lui, l’enjeu ne devrait donc pas être uniquement de constater les difficultés, mais surtout de mettre en place des relais et des stratégies capables de porter ces préoccupations auprès des décideurs.
Un appel à une représentation plus stratégique
Sans se présenter comme opposé au député de Koubia, Fodé Baldé estime que des améliorations sont possibles dans la manière de défendre les intérêts de la population.
« Nous ne sommes contre personne. Mais il faut savoir reconnaître une réalité : notre député peut mieux faire dans la méthode et dans la stratégie de représentation », affirme-t-il.
Fodé Baldé cite également les députés de Tougué, Dalaba et Dabola comme des exemples de parlementaires ayant, selon son observation, compris l’importance d’élargir le plaidoyer au-delà de leur propre circonscription.
Pour lui, la représentation politique ne doit donc pas se limiter à parler au nom de sa population, mais également à créer les conditions pour que les préoccupations de celle-ci soient entendues au-delà de son seul représentant.
Une sortie qui relance ainsi le débat sur les méthodes de représentation des collectivités au sein de l’Assemblée nationale et sur la capacité des élus à construire des solidarités parlementaires autour des préoccupations de leurs populations.
OLLADI IBRAHIMA
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