L’Union Citoyenne pour l’Émergence de la Guinée (UCEG) appelle les autorités à engager une réforme de la gouvernance administrative afin de mieux protéger les informations stratégiques de l’État face aux défis du numérique. Cette prise de position intervient à la suite des récents événements survenus à l’Office Guinéen de Publicité (OGP), où la diffusion sur les réseaux sociaux d’images d’une altercation lors d’une réunion interne a conduit au limogeage du Directeur général et de son adjoint.
Dans une contribution rendue publique à Conakry, l’organisation précise qu’elle ne se prononce pas sur le fond de cette décision, estimant qu’elle relève exclusivement des autorités compétentes. En revanche, elle considère que cet épisode met en lumière les nouveaux défis auxquels l’administration publique est confrontée à l’ère des smartphones, des réseaux sociaux et de la circulation instantanée de l’information.
Selon l’UCEG, la généralisation des technologies numériques impose une adaptation des méthodes de travail au sein des institutions publiques afin de préserver la confidentialité des réunions stratégiques, protéger les données sensibles de l’État et renforcer la confiance des citoyens envers l’administration.
Pour répondre à ces enjeux, l’organisation soumet huit propositions aux plus hautes autorités du pays. Elle recommande notamment l’élaboration d’une politique nationale de confidentialité administrative adaptée au numérique, l’encadrement de l’utilisation des téléphones et autres appareils connectés lors des réunions sensibles, ainsi que l’interdiction de tout enregistrement ou diffusion non autorisés des échanges internes.
L’UCEG préconise également le renforcement de la formation des agents publics en matière d’éthique administrative, de protection des données, de cybersécurité et de responsabilité numérique. Elle suggère par ailleurs la désignation, dans chaque institution, d’un porte-parole chargé de toute communication officielle, ainsi que l’instauration de sanctions disciplinaires proportionnées en cas de diffusion illicite d’informations confidentielles.
L’organisation propose en outre l’élaboration d’une Charte nationale de bonne conduite numérique de l’administration publique guinéenne. Ce document fixerait les règles relatives à l’utilisation des appareils électroniques dans les services publics, à la confidentialité des réunions, à la discrétion professionnelle des agents, aux conditions de publication sur les réseaux sociaux, ainsi qu’aux procédures à suivre en cas de fuite d’informations.
À travers cette initiative, l’UCEG affirme vouloir contribuer au renforcement de la crédibilité des institutions, à la protection des informations stratégiques de l’État, à la sérénité des débats administratifs et à la modernisation du fonctionnement de l’administration publique.
L’organisation invite enfin le Président de la République, le Gouvernement et l’ensemble des institutions nationales à ouvrir une concertation réunissant administrations publiques, experts du numérique, spécialistes de la cybersécurité, juristes, représentants des travailleurs et organisations de la société civile. L’objectif serait d’élaborer un cadre moderne conciliant transparence de l’action publique, protection des informations sensibles, droit à l’information des citoyens, sécurité numérique de l’État et respect des libertés fondamentales.
En conclusion, l’UCEG estime que les récents événements intervenus à l’OGP doivent être perçus comme une opportunité de renforcer les mécanismes de gouvernance administrative. À ses yeux, la protection des informations stratégiques, la responsabilité des agents publics et la maîtrise de la communication institutionnelle constituent désormais des piliers essentiels d’une administration moderne, efficace et crédible.
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