La création d’un Office national du Baccalauréat (ONB) en Guinée constitue une réforme devenue indispensable pour moderniser l’organisation de cet examen stratégique. C’est la conviction de Dr Mamadou Sounoussy Diallo, enseignant-chercheur au département de Sociologie de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia-Conakry, qui invite le ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, Alpha Bacar BARRY, à s’inspirer des expériences réussies de plusieurs pays africains.
Selon l’universitaire, de nombreux États de l’Afrique de l’Ouest et du Centre ont déjà mis en place des Offices du baccalauréat, des structures spécialisées chargées exclusivement de l’organisation de cet examen national.
Au Sénégal, rappelle-t-il, l’Office du baccalauréat est rattaché à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Il assure l’ensemble du processus, depuis la préparation des épreuves jusqu’à la délivrance des diplômes, en passant par la sélection des correcteurs. Cette proximité avec le milieu universitaire favorise une meilleure articulation entre l’enseignement secondaire et supérieur.
Le Burkina Faso a adopté une démarche similaire en installant son Office du baccalauréat au sein de l’Université Joseph Ki-Zerbo. Cette réforme, officialisée en 2021, vise à améliorer l’efficacité de l’organisation des examens grâce à l’expertise des enseignants-chercheurs.
Au Cameroun, l’Office du Baccalauréat est devenu une référence continentale. Fort de ses antennes régionales, il ne se limite pas à l’organisation des examens, mais participe également aux réflexions sur l’amélioration du système éducatif tout en développant des partenariats avec des institutions similaires à l’international.
Le Bénin dispose également d’un Office du Baccalauréat, créé par décret, dont la mission principale est d’assurer l’organisation des examens conformément aux programmes officiels.
Pour Dr Mamadou Sounoussy Diallo, ces différentes expériences démontrent qu’un tel organisme pourrait apporter une véritable valeur ajoutée au système éducatif guinéen.
L’universitaire estime que la création d’un Office national du Baccalauréat offrirait plusieurs avantages majeurs. Il évoque notamment la mise en place d’une institution autonome et spécialisée, distincte de la Direction générale des examens, entièrement consacrée à l’organisation du baccalauréat avec des ressources et une expertise propres.
Il recommande également que cette structure soit rattachée à une institution d’enseignement supérieur, notamment l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, afin de renforcer l’implication des enseignants-chercheurs dans la conception des sujets et les opérations de correction, tout en consolidant les passerelles entre le secondaire et le supérieur.
Le chercheur préconise par ailleurs une gouvernance inclusive intégrant des cadres de l’enseignement pré-universitaire, une modernisation numérique des procédures, à l’image des plateformes développées dans certains pays voisins, ainsi qu’une harmonisation progressive avec les standards sous-régionaux en matière d’organisation du baccalauréat.
Il rappelle que cette réflexion n’est pas nouvelle en Guinée. Selon lui, plusieurs responsables du système éducatif, notamment le professeur Alpha Amadou Bano Barry, avaient déjà inscrit cette réforme dans leur politique sectorielle de l’éducation, avec un projet de décret portant création d’un Office national du Baccalauréat.
« Il s’agit aujourd’hui de réactualiser cette vision et de franchir le pas de sa concrétisation », estime Dr Mamadou Sounoussy Diallo. À ses yeux, la mise en place de cette institution constituerait un levier important pour la refondation du système éducatif guinéen, en garantissant un baccalauréat plus crédible, plus transparent et davantage adapté aux défis de l’enseignement du XXIᵉ siècle.
OLLADI IBRAHIMA
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