À Conakry, le déguerpissement des occupantes des emprises publiques continue de susciter de vives réactions. Entre inquiétude des femmes déguerpies et fermeté des autorités locales, la situation demeure tendue, notamment dans la commune urbaine de Lambanyi.

Sur le terrain, plusieurs femmes concernées reconnaissent la nécessité de quitter les axes routiers, mais réclament des alternatives viables. « Nous aussi, nous ne voulons pas rester ici. Nous sommes vraiment en danger là où nous sommes. Il faut que les mairies et le gouvernorat de la ville de Conakry nous trouvent des places dans les marchés afin que nous puissions quitter ces lieux », plaide l’une d’entre elles, évoquant les risques liés à l’insécurité et à la circulation.
Face à ces revendications, les autorités communales affichent une position sans ambiguïté. Le président de la Délégation spéciale de Lambanyi, Fafa N’bira Mané, se veut catégorique quant au respect des décisions prises. « Toute personne déguerpie qui revient sera envoyée à Eco 18, sans gêne. Personne ne reviendra sur les anciennes positions. Il n’y aura aucune complaisance. Nous n’allons pas plaisanter avec cette situation », a-t-il averti, soulignant la volonté de mettre fin définitivement à l’occupation anarchique des voies publiques.
Du côté des forces de sécurité, la situation est également suivie de près. Un cadre de la police indique que des échanges ont eu lieu avec les responsables communaux afin d’éviter toute réinstallation sur les axes déguerpis. « Nous avons échangé avec les responsables communaux pour leur demander de veiller à ce que ces femmes ne reviennent pas sur les axes. Normalement, cette question relève des communes », a-t-il précisé.

Ce responsable rappelle par ailleurs que l’opération de déguerpissement s’inscrivait dans une démarche plus large. « Il était prévu de poursuivre le déguerpissement afin de libérer durablement les emprises publiques, pas seulement pour donner une belle image lors de l’investiture. Mais aujourd’hui, nous n’avons pas pu continuer à cause d’autres priorités », a-t-il regretté.
Alors que les autorités insistent sur le respect strict des décisions administratives, les femmes déguerpies attendent désormais des mesures concrètes de relogement dans les marchés. Une solution durable apparaît indispensable pour concilier assainissement urbain, sécurité publique et préservation des moyens de subsistance de ces commerçantes.
Mariam Baïlo Baldé.

























