À l’initiative de Pr Abdoulaye Keïta, président de la Fondation Sayon Camara ORL et vice-président du Club Conakry MÉDICIS Lions Club, une journée de sensibilisation et de soins ORL a été organisée à Bintouraya, au Complexe scolaire A‑Dieng. L’objectif principal : dépister précocement les troubles auditifs chez les enfants en milieu scolaire.

Selon le spécialiste, la détection précoce des problèmes d’audition constitue un enjeu majeur pour la réussite éducative. « Un enfant qui a un problème d’audition va mal réussir sa scolarité, car il ne pourra pas développer correctement le langage. C’est le principal motif pour lequel nous sommes là aujourd’hui », a-t-il expliqué, soulignant l’importance d’intervenir directement dans les écoles.
Le choix de Coyah n’est pas fortuit. Le Pr Keïta évoque une zone périurbaine où l’accès aux spécialistes reste limité. « Avant, pour bénéficier de soins ORL, les patients devaient se déplacer vers Conakry. Nous avons jugé opportun de venir vers eux pour leur apporter l’essentiel des soins spécialisés, notamment dans le cadre de la surdité », précise Par.Abdoylaye Keïta.
Au terme des consultations, l’équipe médicale dit avoir été surprise par l’ampleur des pathologies rencontrées. Bouchons de cérumen, otites, infections chroniques de l’oreille, baisses de l’audition et cas de surdité réelle ont été identifiés chez plusieurs élèves. Certains enfants suivaient les cours sans que leurs enseignants ou parents ne soupçonnent leurs difficultés auditives. Des cas similaires ont également été observés chez des enseignants, ainsi que des situations de surdité congénitale au sein de la population.
« Nous avons rencontré des enfants qui ont grandi sans que la perte d’audition ne soit dépistée. Cela montre l’importance de ces actions communautaires que nous devons perpétuer pour éviter des prises en charge tardives », a insisté le praticien.

Le spécialiste a par ailleurs lancé un appel aux parents à rester vigilants face à certains signes d’alerte. Parmi eux : un enfant qui fait répéter fréquemment, augmente excessivement le volume de la télévision, présente des écoulements ou des saignements de l’oreille, ou encore s’isole et reste indifférent aux bruits environnants. « Dans ces cas, il faut automatiquement orienter l’enfant vers un service spécialisé pour un examen des oreilles », a-t-il recommandé.
Cette initiative, saluée par les populations locales, vise à renforcer la prévention et à améliorer la prise en charge des troubles auditifs dans les zones à accès limité aux soins spécialisés.
OLLADI IBRAHIMA
Altinfo : 626186900




















