Le ministère public a requis, ce vendredi 27 mars 2026, une peine d’un an de prison avec sursis ainsi qu’une amende de deux millions de francs guinéens contre Mariam Touré, présidente de l’ONG Assistance humanitaire.
Poursuivie dans une affaire présumée de tentative de mariage précoce et de mariage forcé à Mamou, la journaliste et activiste attend désormais le verdict d’un procès qualifié d’inédit dans la région.
L’audience s’est ouverte ce vendredi 27 mars 2026 au tribunal de première instance de Mamou, où elle est accusée d’avoir initié le mariage d’une mineure.
Au cours des débats, le procureur de la République, Maurice Onivogui, a également demandé au tribunal d’ordonner le retrait de l’agrément de l’ONG dirigée par Mariam Touré. Le président du tribunal a renvoyé l’affaire au 30 mars 2026 pour le délibéré.
L’un des points clés du dossier réside dans l’impossibilité d’établir avec certitude l’âge de la jeune fille, aucun extrait de naissance n’ayant été présenté à la barre. Pour sa défense, l’activiste s’appuie sur les témoignages de l’oncle de la présumée victime, qui affirme que celle-ci serait âgée de 19 ans.
De son côté, Fatoumata Binta Niakaté, responsable locale du Club des jeunes filles leaders, qui suit de près cette affaire, estime que l’apparence de la jeune fille laisse peu de doute :

« À voir sa morphologie et son visage, on comprend qu’elle est encore mineure. Même en l’absence d’extrait de naissance, notre priorité reste la protection de l’enfant », a-t-elle déclaré.
Les autorités régionales insistent, quant à elles, sur la portée symbolique de ce procès, qui dépasse le cadre d’un simple litige individuel.
« C’est plus qu’un procès, c’est un signal fort. Il était question de célébrer le mariage d’une enfant avec un homme présentant des déficiences mentales. Dans une région où les pesanteurs socioculturelles liées au mariage précoce et aux mutilations génitales féminines persistent, cette audience montre que ces pratiques ne seront plus tolérées », a déclaré Abdoulaye Diallo, inspecteur régional de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables.
En attendant le verdict prévu pour le lundi 30 mars 2026, Mariam Touré et son équipe indiquent préférer garder le silence.




















