Dans une déclaration rendue publique, le président de l’Union Citoyenne pour l’Emergence de la Guinée (UCEG), Amadou Barry, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation socio-économique actuelle en Guinée. Selon lui, une crise de confiance s’installe progressivement entre les citoyens et les institutions de l’État, notamment autour du système bancaire et du coût de la vie.
Dans sa déclaration, l’acteur de la société civile affirme que de nombreux citoyens rencontrent actuellement des difficultés pour retirer leur propre argent dans certaines banques du pays. Une situation qui, selon lui, touche aussi bien les fonctionnaires que les commerçants et opérateurs économiques.
« Comment expliquer qu’un citoyen disposant de plusieurs millions sur son compte ne puisse pas retirer 500 000 francs guinéens ? », s’interroge-t-il, évoquant une situation qu’il qualifie d’inédite en Guinée.
D’après lui, cette tension sur les retraits bancaires aurait également des répercussions sur les transactions via les services de monnaie électronique comme Orange Money, où les opérations de retrait deviennent de plus en plus difficiles.
S’adressant directement au président Mamadi Doumbouya, Amadou Barry de l’UCEG rappelle que même si la gestion technique des finances relève d’autres institutions, la responsabilité politique revient au chef de l’État.
Selon lui, la situation actuelle pourrait fragiliser davantage l’économie nationale si elle n’est pas rapidement prise en charge. Il souligne qu’une perte de confiance dans le système bancaire pourrait pousser les citoyens à retirer leurs économies des banques pour les conserver à domicile.
« Lorsque la confiance disparaît dans une économie, c’est toute la stabilité du pays qui est menacée », avertit-il.
Au-delà des difficultés bancaires, l’UCEG attire également l’attention sur la dégradation des conditions de vie de nombreux Guinéens. La hausse du coût de la vie est notamment pointée du doigt.
Dans sa déclaration, Amadou Barry évoque plusieurs préoccupations majeures :
• l’augmentation du prix des loyers,
• la cherté des médicaments dans les pharmacies,
• la hausse des prix des denrées alimentaires.
À Conakry, explique-t-il, trouver un logement devient particulièrement difficile pour les fonctionnaires dont les salaires restent modestes. Cette situation crée, selon lui, une forte pression sociale sur les ménages.
Par ailleurs, il affirme que de nombreux citoyens se tournent vers l’automédication faute de moyens pour acheter des médicaments en pharmacie.
Malgré ces critiques, le président de l’UCEG insiste sur la volonté des acteurs de la société civile d’accompagner les autorités dans la recherche de solutions.
Il propose notamment l’instauration de rencontres trimestrielles entre le chef de l’État et les organisations de la société civile afin de présenter les réalités du terrain et formuler des recommandations.
« Nous ne cherchons ni postes, ni privilèges. Notre engagement est motivé uniquement par la défense des intérêts de la population », affirme-t-il.
Dans son message, Amadou Barry appelle également les Guinéens à dépasser les clivages politiques. Il estime que les divisions entre partisans de la mouvance et de l’opposition détournent l’attention des véritables problèmes sociaux.
Selon lui, les difficultés économiques touchent l’ensemble des citoyens sans distinction politique.
« La souffrance n’a pas de camp politique », souligne-t-il, appelant les Guinéens à concentrer leurs efforts sur la défense de l’intérêt général.
En conclusion, l’UCEG invite les autorités à agir rapidement pour restaurer la confiance entre l’État, les institutions financières, les opérateurs économiques et les citoyens.
Pour Amadou Barry, cette confiance constitue la base de toute économie stable. Sans elle, prévient-il, il sera difficile d’attirer des investissements, de soutenir la croissance et de garantir une paix sociale durable en Guinée.
OLLADI IBRAHIMA
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