La récente décision portant dissolution de plusieurs partis politiques en Guinée continue de susciter de nombreuses réactions au sein de la classe politique et de la société civile. Dans un message d’interpellation nationale, le président de l’Union Citoyenne pour l’Émergence de la Guinée (UCEG), Amadou Barry, s’est exprimé sur cette situation qu’il estime préoccupante pour l’avenir du paysage politique guinéen.
Dans sa déclaration, l’acteur de la société civile rappelle que parmi les formations politiques concernées figurent des partis qui ont marqué l’histoire politique du pays, notamment le PDG-RDA de feu président Ahmed Sékou Touré, le PUP du président Lansana Conté, le RPG du professeur Alpha Condé, ainsi que l’UFDG et plusieurs autres acteurs majeurs de la vie politique nationale.
Selon lui, la disparition de ces formations politiques soulève une question fondamentale quant à l’avenir de la réconciliation nationale et de la stabilité politique en Guinée.
« Effacer ainsi d’un seul trait des formations politiques qui ont participé à l’histoire de notre pays pose une question fondamentale : est-ce la voie qui peut conduire à la réconciliation nationale et à la stabilité durable de la Guinée ? », s’interroge-t-il.
Amadou Barry estime toutefois que les partis politiques portent également une part de responsabilité dans la crise politique que la Guinée a traversée ces dernières années. Il rappelle que le non-respect des règles démocratiques, la primauté des intérêts personnels sur l’intérêt général et l’absence de dialogue ont contribué aux ruptures institutionnelles enregistrées dans le pays.
Cependant, poursuit-il, reconnaître cette responsabilité ne doit pas conduire à l’exclusion ou à l’effacement brutal de l’histoire politique nationale.
« La Guinée n’a jamais manqué de lois, ni de constitutions, ni de chartes. Le véritable défi de notre pays a toujours été le respect des textes que nous adoptons nous-mêmes », a-t-il souligné.
Dans ce contexte, le président de l’UCEG appelle les autorités guinéennes, notamment le président de la République, Mamadi Doumbouya, à privilégier une approche inclusive favorisant le rassemblement des Guinéens.
Il estime que la refondation nationale doit être un moment de pardon, de dialogue et de reconstruction, plutôt qu’un facteur de division.
Pour sortir de cette situation, Amadou Barry plaide pour l’organisation d’un véritable dialogue national impliquant les acteurs politiques afin de réexaminer la charte des partis politiques, définir des critères clairs et équitables pour leur fonctionnement, accorder un moratoire raisonnable permettant aux formations politiques de se mettre en conformité et reconstruire un espace politique crédible et respectueux des règles démocratiques.
Dans son message, il s’adresse également aux militants et aux jeunes engagés dans la mouvance présidentielle, les invitant à faire preuve de responsabilité et de lucidité dans leur engagement politique.
« Défendre un dirigeant ne signifie pas applaudir tout ce qui est fait. Le véritable soutien consiste à dire la vérité lorsque l’intérêt supérieur de la nation est en jeu », a-t-il affirmé.
Pour Amadou Barry, l’avenir de la Guinée doit primer sur les intérêts individuels ou les calculs politiques. Il appelle ainsi l’ensemble des acteurs nationaux à privilégier la sagesse, la justice et le rassemblement pour préserver l’unité du pays.
« La Guinée mérite mieux que les divisions permanentes. Elle mérite la sagesse, la justice et le rassemblement », a-t-il conclu.
OLLADI IBRAHIMA
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