En Guinée, notamment dans la ville de Conakry, la consommation de la chicha connaît une progression alarmante chez les adolescents et certains adultes. Ce phénomène touche particulièrement les jeunes filles âgées de moins de 16 ans. Autrefois limitée à certains espaces publics, cette pratique s’est désormais installée jusque dans les domiciles privés, parfois sous le regard impuissant de certains parents. Une banalisation inquiétante, au regard des risques avérés pour la santé.
Mme Aissatou Bah, mère de famille, témoigne sous anonymat avec émotion de la situation qu’elle vit au quotidien avec son fils, devenu dépendant à la chicha. Désespérée, elle lance un appel aux autorités compétentes :
« Depuis plusieurs mois, je lutte pour que mon fils arrête de fumer la chicha. Il est déjà tombé malade une fois, et le médecin m’a clairement demandé de lui interdire cette pratique, mais il n’a jamais arrêté. J’ai détruit plusieurs de ses appareils, interdit à ses amis de venir à la maison, mais il se cache désormais pour aller fumer chez eux. Une voisine me l’a confirmé. Je ne sais plus quoi faire.
J’en appelle aux autorités pour qu’elles nous aident à combattre ce fléau. Le président doit aussi agir pour empêcher l’introduction de ces produits dans le pays, afin de protéger nos enfants des dangers qu’ils représentent. » plaide cette maman sous anonyma.
Approché pour comprendre les motivations de certains mineurs, Mamadou Baldé assume sa consommation, sous anonymat il juge sans danger :
« Je fume la chicha parce que j’y trouve du plaisir. Je ne bois pas d’alcool, je ne fume pas de cigarette. La chicha me permet de rester à la maison et de me concentrer sur ce que je fais. Je ne vois pas le mal dans cette pratique. »

Un avis que ne partage pas Thierno Nouhou, 16 ans, qui dénonce cette banalisation et met en garde ses amis :
« Je n’ai jamais fumé, parce que je sais que ce n’est pas bon pour la santé. J’ai beaucoup d’amis qui fument tous les jours devant moi, mais je n’ai jamais cédé. Ma mère me l’a interdit, et ma conscience aussi.
Je demande à tous les jeunes consommateurs d’arrêter. Ce n’est ni responsable, ni sans danger. C’est grave pour la santé. »

Face à l’ampleur de ce phénomène, la consommation de la chicha chez les mineurs apparaît aujourd’hui comme un véritable problème de santé publique. Une situation qui interpelle non seulement les parents, mais aussi les autorités, appelées à agir de toute urgence pour éviter qu’une génération entière ne sombre dans des comportements à risque aux conséquences durables.
Mariame Baïlo Baldé
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