Le mardi 27 janvier 2026, au tribunal de première instance de Kaloum, le procès de Sudhanshu DAS, ressortissant indien poursuivi pour des faits d’escroquerie, s’est poursuivi. Le prévenu, est poursuivi pour un montant global de plus de 300 000 dollars américains.
Ces sommes escroquées à Alpha Oumar Bah, responsable de la société AOB SA, et à Ahmed Traoré, dirigeant de la société Traoré Négoce, tous deux constitués parties civiles. Pour la énième fois, l’audience a été consacrée à la confrontation du prévenu avec les différentes parties civiles, a constaté sur place alternativeinfo.net.
Les responsables de AOB SA et de Traoré Négoce accusent le ressortissant indien d’avoir détourné trois conteneurs de noix de cajou, destinés à l’exportation vers la Suisse.
Selon les déclarations à la barre, Alpha Oumar Bah réclame 94 400 dollars US, tandis qu’Ahmed Traoré réclame 200 000 dollars americains.
Cette audience a été marquée par une longue confrontation entre le prévenu et les plaignants. Elle a permis aux différentes parties de revenir sur leurs déclarations respectives faites lors des audiences précédentes.
Dans leurs dépositions, les victimes, ainsi que le témoin Sevice Kodjo, ont soutenu que Sudhanshu DAS s’était présenté à eux comme directeur financier et directeur des opérations de la société Fer Commodity. Ils affirment également que c’est lui qui gérait l’ensemble des opérations et que le contrat a été signé avec lui.
« C’est avec DAS que j’ai communiqué et c’est avec lui que j’ai signé le contrat. Il agissait au nom et pour le compte de la société Fer Commodity. C’est lui qui était notre interlocuteur. J’ai expédié les noix de cajou à la société par son intermédiaire. Je parlais chaque jour avec monsieur DAS », a déclaré Ahmed Traoré à la barre.
Il précise par ailleurs que les paiements se faisaient auparavant de banque à banque, avant que les procédures ne changent :
« Par le passé, les paiements se faisaient normalement par voie bancaire. Mais sur les instructions de monsieur DAS, les documents ont été retirés à la banque », a-t-il expliqué.
De son côté, Alpha Oumar Bah a également mis en cause la responsabilité directe du prévenu :
« Il s’est présenté à moi comme directeur financier et directeur des opérations de Fer Commodity. Et lors de mon déplacement à Genève, il a déclaré qu’il ne nous paierait pas. C’est lui qui est à la base de tout ce problème. Il me doit plus de 200 000 dollars. Il n’a jamais commencé à me payer. C’est DAS qui nous a instruits d’envoyer les marchandises à la société Monalisa International », a-t-il affirmé.
Le témoin Sevice Kodjo a tenu les mêmes propos :
« DAS est venu en Guinée en tant que représentant de la société Fer Commodity. Il m’a dit qu’il était le directeur financier et directeur des opérations de cette société. »
Dans sa défense, Sudhanshu DAS a de nouveau rejeté toute responsabilité, affirmant n’être qu’un simple consultant de la société Fer Commodity :
« Je ne suis pas le représentant légal de la société Fer Commodity. Le contrat a été signé avant mon arrivée dans cette entreprise. Je n’agis ni au nom ni pour le compte de cette société », a-t-il déclaré à la barre.
Le tribunal a renvoyé cette affaire au 03 février 2026 pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des avocats.
En attendant l’issue judiciaire de ce dossier, une question demeure dans l’opinion publique : qui se cache réellement derrière ce ressortissant étranger, logeant dans un hôtel cinq étoiles et bénéficiant d’une importante protection ?




















