La Fondation Sayon pour l’ORL communautaire, en partenariat avec le club Conakry Médicis du lions club international a organisé une journée gratuite de consultations ORL et ophtalmologiques à l’École des sourds-muets de Conakry, le mardi 13 octobre 2026. Cette initiative vise à favoriser le dépistage précoce des troubles de l’audition et de la vue chez les enfants, tout en renforçant la sensibilisation des familles et de la communauté aux conséquences du handicap sensoriel.

À travers cette action sanitaire et sociale, les organisateurs entendent contribuer à une meilleure prise en charge des enfants malentendants et prévenir les complications susceptibles de compromettre leur autonomie, leur sécurité et leur intégration dans la société.
Le dépistage précoce, une priorité pour la santé auditive des enfants:
Président fondateur de la Fondation Sayon pour l’ORL communautaire et chef du service ORL de l’Hôpital national Donka, le professeur Abdoulaye Keïta a souligné l’importance de cette journée dans la détection précoce des affections pouvant entraîner un handicap auditif ou visuel.
« Cette journée gratuite ORL et ophtalmologique est organisée pour dépister précocement les affections invalidantes qui touchent l’oreille et la vue. Nous voulons identifier les maladies susceptibles d’affecter l’audition et la vision des enfants afin de favoriser leur prise en charge et leur insertion dans la société », a-t-il expliqué.
Au-delà des consultations réalisées sur place, le spécialiste a précisé que les enfants présentant des signes de troubles auditifs seront orientés vers l’Hôpital national Donka ou la clinique ORL Sayon, afin de bénéficier d’examens plus approfondis. L’objectif est notamment d’identifier les pertes auditives importantes et de déterminer les solutions thérapeutiques adaptées à chaque situation.
Pour le professeur Abdoulaye Keïta, la sensibilisation des parents, de la population et des autorités constitue un préalable indispensable à une lutte efficace contre la surdité.
« La surdité est un handicap caché »
Insistant sur les difficultés rencontrées par les personnes malentendantes, le professeur Abdoulaye Keïta a décrit la surdité comme un handicap souvent invisible, dont les conséquences sociales demeurent considérables.
« Aujourd’hui, la surdité est un handicap caché. Le malade ne peut pas être identifié à vue d’œil. Nous voulons développer une stratégie permettant une meilleure identification des personnes malentendantes dans la société », a-t-il indiqué.
Le responsable de la Fondation Sayon a également évoqué des perspectives de prise en charge spécialisée, notamment l’accès à des implants cochléaires pour les enfants qui remplissent les critères médicaux nécessaires. Ces dispositifs peuvent permettre à certains patients présentant une surdité sévère ou profonde de bénéficier d’un accès au son.
À plus long terme, son ambition est de contribuer à la mise en place d’un programme national de lutte contre la surdité et de promotion de la santé auditive.
Les parents appelés à s’impliquer davantage:

Au cours de son intervention, le professeur Abdoulaye Keïta a lancé un appel aux parents afin qu’ils poursuivent leurs efforts et s’investissent davantage dans l’accompagnement quotidien de leurs enfants malentendants.
Il les a notamment encouragés à apprendre la langue des signes pour faciliter la communication à la maison et éviter que les enfants ne se retrouvent isolés en dehors du milieu scolaire.
Selon lui, si ces enfants peuvent bénéficier d’un environnement adapté à l’école, ils risquent, une fois à l’extérieur, de rencontrer des difficultés de communication et d’être exposés à certains dangers, notamment les accidents de la circulation.
Pour le spécialiste, l’apprentissage de la langue des signes par les familles représente donc un levier essentiel pour renforcer l’autonomie des enfants, leur sécurité et leur inclusion sociale.

Présent à cette activité, Nasser Alanabhani, gouverneur du District 403-A1 de Lions International, venu de Mauritanie, a salué une initiative en phase avec les missions de son organisation.
« Cette action s’inscrit dans le cadre de nos objectifs permanents et fait partie des causes mondiales que nous soutenons. Apporter ce soutien à l’École des sourds-muets de Conakry s’inscrit dans le plan d’action que nous menons régulièrement à travers toute la région », a-t-il déclaré.
Cette participation témoigne de l’engagement du Lions International en faveur de la santé communautaire, de la prévention des handicaps et de l’accompagnement des personnes vulnérables.
De son côté, Mohamed Diaby, directeur national des Solidarités au ministère des Femmes, de la Famille et des Solidarités, a mis en avant la dimension sociale de cette journée organisée avec les partenaires.

« Nous avons, avec nos partenaires du Lions Club et la Fondation Sayon ORL Communautaire, organisé cette journée pour apporter notre soutien aux enfants, à travers des consultations permettant de prévenir d’éventuels problèmes de santé », a-t-il expliqué.
Au-delà de cette activité sanitaire, le responsable a annoncé des perspectives d’amélioration des conditions d’apprentissage à l’École des sourds-muets de Conakry.
Il a notamment évoqué des actions envisagées par son département, sous l’égide de la ministre, pour améliorer le cadre institutionnel de l’établissement, renforcer les capacités des enseignants et augmenter les effectifs du personnel enseignant.
Ces mesures ambitionnent de répondre davantage aux besoins spécifiques des élèves et de leur offrir un environnement éducatif mieux adapté.
À travers cette journée gratuite de consultations ORL, la Fondation Sayon et le club Conakry Médicis du lions club international ainsi que les autorités publiques rappellent que la prévention, le dépistage précoce et l’accompagnement familial sont indispensables pour lutter contre les conséquences de la surdité et des troubles visuels.

Au-delà des soins, cette initiative porte un message essentiel : aucun enfant ne devrait être condamné à l’isolement en raison d’un handicap sensoriel. La sensibilisation des familles, l’accès aux soins spécialisés et le renforcement des structures éducatives restent des leviers majeurs pour favoriser l’autonomie et l’inclusion des enfants concernés.
OLLADI IBRAHIMA
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