Alors que les résultats des examens nationaux continuent d’alimenter les débats sur les réseaux sociaux, les comparaisons entre établissements scolaires se multiplient, souvent sur la base des seuls pourcentages de réussite. Une approche que l’enseignant-chercheur Mamadou Sounoussy Diallo, du département de Sociologie de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, invite à nuancer.
Dans une analyse consacrée à cette question, l’universitaire estime qu’il est réducteur de juger la qualité d’une école uniquement à travers son taux de réussite aux examens de fin d’année. Selon lui, un pourcentage élevé ne reflète pas nécessairement la véritable performance pédagogique d’un établissement.
Il souligne que certains excellents résultats peuvent parfois masquer des pratiques discutables, notamment une sélection rigoureuse des élèves avant les examens, un recours excessif au bachotage ou encore la mise à l’écart des apprenants les plus en difficulté afin de préserver les statistiques.
Pour Dr Sounoussy , la véritable valeur d’un enseignant se mesure davantage à la progression individuelle de chaque élève, à sa capacité à développer son esprit critique, sa curiosité intellectuelle et son aptitude à mobiliser ses connaissances dans des situations concrètes, bien au-delà des épreuves écrites.
Toutefois, l’universitaire reconnaît que les examens nationaux demeurent un outil essentiel d’évaluation du système éducatif. Ils constituent, selon lui, l’aboutissement d’un cycle de formation et permettent d’apprécier, dans une certaine mesure, la cohérence des enseignements dispensés ainsi que le niveau global d’acquisition des compétences prévues par les programmes officiels.
« L’examen est une photographie d’une étape du parcours éducatif. Il ne fait pas la qualité de l’école, mais il en révèle une partie », soutient-il.
L’enseignant-chercheur insiste également sur la nécessité de prendre en compte la « valeur ajoutée » d’un établissement. À ses yeux, un taux de réussite de 80 % obtenu avec des élèves initialement en grande difficulté peut traduire un travail pédagogique plus remarquable qu’un taux de 100 % enregistré avec des élèves déjà performants dès leur admission.
En conclusion, Dr. Sounoussy Diallo appelle à dépasser la lecture purement statistique des résultats scolaires. Si les pourcentages constituent un instrument utile pour orienter les politiques éducatives et identifier les dysfonctionnements, ils ne sauraient résumer à eux seuls la qualité d’un établissement ou l’efficacité de ses enseignants.
Pour le sociologue, la véritable excellence éducative se mesure avant tout à la capacité de l’école à former des citoyens autonomes, responsables, capables de réfléchir par eux-mêmes et de s’épanouir durablement dans la société, bien au-delà des chiffres affichés à l’issue des examens.
OLLADI IBRAHIMA
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